Pour une vente d'herbe sur pied en France, le taux de TVA à appliquer est en principe 10 % : il s'agit d'un produit végétal non transformé relevant de l'article 278 bis du CGI. Mais attention, ce taux peut varier selon que vous vendez simplement l'herbe « sur place » ou que vous incluez la coupe, le ramassage ou toute autre prestation, et selon la destination finale du produit. Un particulier non assujetti à la TVA, lui, n'a tout simplement rien à facturer. Voici comment trancher selon votre situation exacte.
Taux de TVA pour vente d’herbe sur pied en France
Ce que signifie « vendre de l'herbe sur pied » (et ce que ça change pour la TVA)

Vendre de l'herbe sur pied, c'est céder à quelqu'un d'autre le droit de récolter l'herbe qui pousse sur votre terrain, avant même qu'elle soit coupée. L'acheteur prend en charge la fauche, le ramassage, parfois le transport. C'est une pratique courante entre voisins, entre propriétaires de jardins et agriculteurs locaux, ou entre gestionnaires d'espaces verts et entreprises de compostage. Dans certains cas, l'herbe fauchée peut aussi être orientée vers du compostage, ce qui influence la façon de qualifier l'opération entre gestionnaires d'espaces verts et entreprises de compostage. Si l’herbe de tonte est valorisée en compost, cela peut aussi influencer la qualification de l’opération et le traitement TVA entre gestionnaires d'espaces verts et entreprises de compostage. Cette distinction, herbe sur pied vs herbe déjà fauchée et livrée, a des conséquences directes sur la qualification fiscale de l'opération.
D'un point de vue TVA, la question centrale est : vend-on un bien (le produit végétal) ou réalise-t-on une prestation de service (couper, ramasser, livrer) ? La réponse change le cadre applicable, même si dans les deux cas on parle d'herbe. Et une troisième situation existe : vous vendez l'herbe ET vous la coupez vous-même, ce qui peut ressembler à un travail à façon agricole avec ses propres règles.
Particulier ou professionnel : ça change tout dès le départ
Si vous êtes un particulier qui cède occasionnellement l'herbe de votre jardin à un voisin ou à une ferme locale, vous n'êtes pas assujetti à la TVA. Vous ne facturez rien, vous ne collectez rien, et vous n'avez pas de déclaration TVA à faire pour cette opération. La TVA est une affaire de professionnels assujettis. En revanche, dès que vous agissez dans un cadre professionnel ou commercial de manière régulière (entrepreneur, société, exploitant agricole), les règles de TVA s'appliquent pleinement.
Comment déterminer le bon régime : vente de produit végétal vs prestation (cas concrets)

La bonne question à se poser est : qui fait quoi ? Voici comment lire votre situation concrètement.
| Situation | Qualification fiscale | Taux TVA applicable |
|---|---|---|
| Vous vendez l'herbe sur pied, l'acheteur coupe et emporte | Livraison d'un bien agricole non transformé | 10 % |
| Vous coupez l'herbe et la livrez à l'acheteur | Livraison de bien (herbe fauchée, produit végétal non transformé) | 10 % |
| Vous coupez l'herbe sur le terrain d'un tiers pour son compte | Prestation de service / travail à façon agricole — taux du produit obtenu | 10 % (si produit alimentaire/agricole non transformé) |
| L'herbe est destinée à l'alimentation animale et vendue non transformée | Livraison de bien, produit végétal non transformé | 10 % |
| L'herbe est destinée à un usage industriel non alimentaire (ex. gazonnement sportif vendu à une collectivité) | Prestation ou livraison selon contrat — vérifier destination | 10 % ou 20 % selon contrat |
La règle clé issue du BOFiP (BOI-TVA-SECT-80-70) pour les travaux à façon agricoles est celle du « produit obtenu » : le taux de TVA applicable à la prestation suit le taux applicable au produit final, pas la nature du travail lui-même. Autrement dit, si vous fauchez de l'herbe destinée à l'alimentation animale (produit non transformé relevant du 10 %), votre prestation de fauche est elle aussi à 10 %. C'est dérogatoire au principe général, mais c'est la règle officielle.
L'exemple de la moisson pour comprendre la logique
Le BOFiP illustre ce principe avec la moisson : blank" rel="noopener noreferrer">moissonner du blé (produit à taux réduit) donne droit au taux réduit pour la prestation. Moissonner du chanvre industriel (produit à taux normal de 20 %) entraîne le taux normal pour la même opération de moisson. L'herbe de jardin ou de prairie suit la même logique : si le produit final est un bien végétal non transformé classique (foin, fourrage, herbe pour compost), on reste à 10 %.
Taux de TVA à appliquer selon les situations (scénarios typiques en France)

Voici les scénarios les plus courants pour un propriétaire de jardin ou un gestionnaire d'espaces verts, avec le taux à retenir dans chaque cas.
- Vous vendez la coupe d'herbe de votre prairie à un agriculteur voisin qui vient faire le foin lui-même : 10 % (livraison d'un produit végétal non transformé, article 278 bis CGI).
- Vous êtes paysagiste et vous fauchez une pelouse pour un client particulier en lui laissant l'herbe coupée sur place : 10 % sur la prestation de fauche (travail à façon sur produit agricole non transformé).
- Vous vendez de l'herbe coupée en ballots pour alimentation animale: 10 %.
- Vous vendez de l'herbe fraîchement coupée à une structure de compostage: 10 % (sous-produit végétal non transformé, même destination compostage).
- Vous réalisez une prestation d'entretien de pelouse purement ornementale sans transfert de propriété du végétal (tonte, ramassage, évacuation) : 20 % (prestation de service d'entretien standard, hors cadre agricole).
- Vous vendez l'herbe d'un terrain à un particulier pour un usage de gazon reconstitué (semi-industriel) : à examiner avec votre comptable, potentiellement 20 % si l'opération sort du cadre agricole.
Le taux de 5,5 % ne s'applique pas à l'herbe en tant que telle dans les cas courants. Il concerne principalement les produits alimentaires destinés à la consommation humaine directe. Une herbe de jardin vendue pour fourrage ou compost reste à 10 %.
Facturer correctement : mentions, base imposable, acomptes et documents à garder
Une facture valide pour une vente d'herbe sur pied doit comporter certaines mentions obligatoires. Voici ce qu'il faut vérifier avant d'envoyer quoi que ce soit.
- Numéro de facture unique et date d'émission.
- Votre identité (nom, adresse, numéro SIRET ou numéro TVA intracommunautaire si vous en avez un).
- Identité de l'acheteur (professionnel ou particulier).
- Description précise de l'opération: « vente d'herbe sur pied, parcelle X, lieu-dit Y » ou « prestation de fauche sur terrain de l'acheteur, herbe destinée à l'alimentation animale ».
- Prix unitaire hors taxe et quantité (surface en m² ou en hectares, ou poids estimé si fourrage).
- Taux de TVA applicable clairement indiqué (ex.: 10 %) et montant de TVA correspondant.
- Montant total TTC.
- Date de la livraison ou de réalisation de la prestation (si différente de la date de facture).
- Conditions de paiement et éventuels acomptes versés.
Si vous avez reçu un acompte, indiquez-le clairement sur la facture finale en déduisant le montant déjà encaissé. La TVA sur un acompte est exigible dès l'encaissement (et non à la livraison), donc si vous recevez 30 % du prix à la signature du contrat, vous devez déjà déclarer la TVA correspondante sur cette somme lors de votre prochaine déclaration.
Concernant les documents à conserver : gardez le contrat de vente (même un simple mail ou bon de commande signé), la facture émise, et la preuve de paiement pendant au minimum 10 ans. En cas de contrôle fiscal, c'est ce dossier qui justifiera votre traitement TVA. Si la vente porte sur une surface agricole significative, un plan de parcelle avec référence cadastrale est un plus.
Erreurs fréquentes et comment les éviter (cas où on se trompe souvent)
La plupart des erreurs sur la TVA de la vente d'herbe sur pied viennent d'un réflexe simple mais trompeur : appliquer « par défaut » le taux normal de 20 % parce qu'on ne sait pas trop. Voici les confusions les plus courantes.
- Appliquer 20 % par défaut sur toute opération liée à l'herbe. C'est l'erreur la plus répandue. Les produits végétaux non transformés d'origine agricole relèvent du taux réduit de 10 %, pas du taux normal. En facturant trop de TVA, vous désavantagez votre client professionnel (qui ne pourra récupérer que ce qu'il a réellement payé selon les règles) et vous vous exposez à un redressement.
- Confondre la vente du bien et la prestation de service. Si vous vendez l'herbe sur pied (le bien), c'est une livraison de bien à 10 %. Si vous tondez pour quelqu'un sans lui vendre l'herbe, c'est une prestation. La nature du contrat détermine le régime.
- Oublier de qualifier l'opération avant de facturer. Prenez 5 minutes pour vous demander : est-ce que je vends quelque chose ou est-ce que je fais quelque chose pour quelqu'un ? Et quel est le produit final obtenu ?
- Ne pas mentionner la destination du produit sur la facture. Si votre herbe est vendue pour fourrage (10 %) et que la facture ne le précise pas, vous aurez du mal à justifier votre taux en cas de contrôle.
- Croire qu'un particulier doit quand même « mettre une TVA » sur sa vente. Un particulier non assujetti ne collecte pas de TVA, point. Pas besoin de mention TVA sur un reçu entre voisins.
- Ignorer la règle du produit obtenu pour les prestations à façon. Si vous réalisez une prestation sur un produit agricole, c'est le taux du produit final qui s'applique, pas le taux général des prestations.
Étapes immédiates pour trancher aujourd'hui : check-list et qui contacter en cas de doute
Vous êtes face à une vente concrète à finaliser aujourd'hui ? Voici comment aller droit au but.
- Êtes-vous assujetti à la TVA ? Si vous êtes un particulier qui vend occasionnellement, la réponse est non. Pas de TVA à facturer. Passez directement à la rédaction d'un simple reçu.
- Si vous êtes professionnel: définissez la nature de l'opération. Vente d'un bien (herbe sur pied, herbe coupée) ou prestation de service (fauche pour le compte d'un tiers) ?
- Identifiez le produit final. Herbe destinée à l'alimentation animale, au compostage, ou autre usage agricole non transformé ? Appliquez 10 %.
- Vérifiez que votre facture comporte toutes les mentions obligatoires listées plus haut, notamment la description précise et le taux de TVA.
- Si vous avez reçu un acompte, déclarez la TVA sur cet acompte dès la prochaine échéance de déclaration.
- Archivez le contrat, la facture et le justificatif de paiement pendant 10 ans minimum.
À qui s'adresser si vous avez encore un doute ?
- Votre expert-comptable: c'est le premier réflexe pour sécuriser un traitement TVA inhabituel, surtout si les montants sont significatifs.
- Le service des impôts des entreprises (SIE) dont vous dépendez: vous pouvez leur poser une question écrite et obtenir une réponse opposable à l'administration (rescrit fiscal). Pratique si vous faites ce type de vente régulièrement.
- Le portail impots.gouv.fr: la rubrique « Nous contacter » permet de poser des questions à distance à la DGFiP, même pour des cas spécifiques.
- La Chambre d'agriculture de votre département: utile si vous êtes exploitant agricole ou si la vente s'inscrit dans une activité agricole déclarée.
En résumé : pour une vente d'herbe sur pied classique entre professionnels assujettis, le taux de 10 % est la bonne réponse dans la grande majorité des cas courants. L'essentiel est de qualifier précisément l'opération, de le noter sur votre facture, et de conserver tous vos documents. Si votre situation sort des cas standards (volume important, acheteur étranger, usage non agricole), une consultation rapide d'un comptable ou du SIE vous évitera tout problème.
FAQ
Comment déterminer le taux de TVA quand la vente d’herbe sur pied inclut aussi la coupe et le ramassage ?
Si vous facturez une prestation (coupe, ramassage, transport) distincte du produit vendu, vous ne déterminez pas le taux en fonction du travail, mais selon le produit final réellement obtenu. Par exemple, une fauche destinée à produire du fourrage ou de l’herbe à valoriser en compost reste en pratique dans le régime à 10 %, même si l’acheteur vous fait réaliser plusieurs opérations.
Vendre “sur place” à un voisin, est-ce toujours une simple vente d’herbe sur pied ?
L’important est la réalité de l’opération. Si vous ne vendez que le droit de récolter, sans livraison ni prestation, vous êtes plutôt sur une cession d’un produit végétal non transformé (taux généralement 10 % si vous êtes assujetti). En revanche, si vous organisez concrètement la récolte avec un résultat livré ou une “prestation de service” identifiable, vous devez requalifier, car cela peut rapprocher l’opération d’une prestation à façon dont le taux suit le produit final.
Je suis particulier, je peux quand même facturer avec TVA si le montant est important ?
Pour un particulier, l’absence d’assujettissement signifie que vous ne facturez pas de TVA, même si le montant est non négligeable. En revanche, si vous intervenez de façon habituelle, avec une organisation et des clients “récurrents” (facturation régulière, activité comparable à un professionnel), l’administration peut considérer que vous exercez une activité imposable et assujettie, avec obligations TVA correspondantes.
Que faire si je reçois un acompte avant la récolte ?
Oui, la TVA se gère aussi sur les acomptes. Dès que l’acompte est encaissé, la TVA correspondante devient exigible. Pour éviter les erreurs, distinguez sur la facture finale la base HT, la TVA calculée, puis la déduction du montant déjà encaissé, en vous assurant que les encaissements antérieurs ont bien été déclarés.
Quelles informations doivent absolument figurer sur la facture pour sécuriser le taux de 10 % ?
Vérifiez au minimum (1) l’identité complète des parties, (2) la désignation précise de l’herbe et de la surface ou de la parcelle concernée, (3) la date/échéance de récolte, (4) le mode “sur pied” ou “livré”, (5) le fondement du taux appliqué (libellé qui décrit l’usage final, par exemple fourrage ou compost), (6) le détail du prix HT, TVA, et le cas échéant la mention de l’acompte.
Et si l’acheteur annonce un usage, mais au final l’herbe est utilisée autrement ?
Le principal piège est le “mauvais usage final” indiqué dans les échanges commerciaux. Si, au moment de qualifier, l’acheteur déclare une destination qui change réellement le régime (par exemple une transformation ultérieure ou un usage qui sort du cadre habituel “produit non transformé”), la qualification peut diverger. Conservez des éléments écrits sur la destination (ordre de mission, bon de livraison, attestation d’usage) pour justifier le taux appliqué.
Le volume de vente d’herbe sur pied change-t-il mes obligations TVA ?
Le seuil “taille” n’est pas le seul critère. Le volume peut toutefois révéler une activité structurée, donc une professionnalisation (et donc potentiellement assujettissement). En pratique, tenez compte de la régularité (fréquence), de la stratégie commerciale (plusieurs clients), et du niveau de prestation (organisation, moyens, personnel). Si vous basculez vers une logique d’activité, parlez-en au SIE/comptable avant d’émettre des factures.
Je vends à une entreprise étrangère, quel risque principal sur la TVA ?
Si vous vendez à un acheteur basé hors de France, la TVA et le traitement facturation peuvent changer (autoliquidation, lieu de taxation, statut de l’acquéreur). Avant toute facture, confirmez le statut TVA de l’autre partie et le cadre exact (cession vs prestation, nature du bien, conditions de livraison). Une erreur de rubrique peut vous exposer à une TVA “en trop” ou à une absence de TVA à tort.
Je coupe moi-même l’herbe, est-ce que ça fait automatiquement passer à un autre taux ?
Si vous vendez l’herbe et que vous la coupez vous-même, vous pouvez vous retrouver dans une logique de “travaux à façon” ou de prestation qui aboutit à un produit final. Appliquez alors la règle du “produit obtenu” pour caler le taux, et évitez de raisonner uniquement sur la nature de votre geste (fauchage) sans regarder ce qui est finalement livré et valorisé.
Quels documents fournir en cas de contrôle fiscal pour une vente d’herbe sur pied ?
En cas de “contrôle”, l’administration attend surtout la cohérence du dossier, pas seulement la facture. Gardez (1) le contrat ou bon de commande, (2) la preuve de paiement (relevé bancaire, mention bancaire), (3) tout document de preuve de destination (fourrage, compost), (4) la traçabilité de la parcelle (référence cadastrale si utile). Un dossier incomplet est une cause fréquente de redressement sur la justification du taux réduit.




